Adopter un lapin médiateur en 2018 : est-ce bien raisonnable ? par Sophie

lundi, 15 janvier 2018, 12:03 | Catégorie : Non classé

Bonjour à tous,

Aujourd’hui c’est Sophie qui prend la plume pour vous parler de son expérience. Il nous semble important dans le monde de la médiation animale comme ailleurs d’ailleurs de partager avec vous les bonnes expériences comme les mauvaises. Pour deux raisons c’est que la médiation animale c’est loin d’être tout rose comme pratique professionnelle et si cela peut éviter d’autres drames, on sera heureux. bonne lecture à vous ! Aurélie

Débuter dans la médiation animale implique la question d’adopter des animaux médiateurs. Il y a 3 ans, en plus d’une chienne Cavalier King Charles, j’ai fait le choix de prendre deux lapins. Consciente de la délicatesse de cet animal, j’avais envie de relever le défi, pensant qu’il suffisait de satisfaire leurs besoins, pour leur donner une belle et longue vie. J’ai mis en place, un maximum de choses pour qu’ils soient heureux et protégés. J’ai essayé de faire au mieux. C’était sans compter sur la présence du virus VHD.

Bambou, joyeux lapin nain à oreilles droites, il est mort brutalement dans mes bras à l’âge de 2 ans. Le vétérinaire diagnostique une mystérieuse « diarrhée foudroyante ». Six mois plus tard, Pamplemousse, mon gentil bélier angora, ne mange plus. J’observe qu’il dort beaucoup, qu’il respire fort, une conjonctivite récalcitrante est présente au coin des yeux. Un véto d’une grande clinique vétérinaire constate une forte fièvre, il fait des convulsions et décède à l’âge de 2 ans 1/2. Pour la première fois, on me parle de VHD.

Qu’est-ce que le VHD ?

La maladie virale hémorragique (VHD) est une maladie provoquée par un virus de la famille des Calicivirus. Le VHD est un virus spécifique aux lapins européens, sauvages ou domestiques. Les autres animaux de compagnie et l’homme ne risquent rien.

Cette maladie trouve son origine en Chine, en 1984. Depuis, le virus a progressivement gagné la France durant l’été 1988, avec les déplacements de lapins sauvages. En 2010, un nouveau virus de la VHD (variant), a fait son apparition dans le Nord-Ouest de la France. En 2 ans, il a totalement colonisé les populations de lapins sauvages et d’élevage, et couvre désormais l’ensemble du territoire français.

Les modes de transmission du VHD ?

Extrêmement contagieux, il sévit toute l’année. Soit par contact direct entre lapins, avec les poils, les déjections ou les sécrétions nasales, dans le milieu où vit le lapin. Soit par contact indirect avec le foin, la paille, avec les aliments (eau, grains, fruits ou légumes), avec le matériel (cage, biberon, gamelle, jouet, etc.), avec les insectes et petits rongeurs (vecteurs du virus), avec l’homme qui peut transporter le virus sur lui, après une balade dans la nature, ou un autre animal en contact avec un lapin contaminé (ex : un chien).

La forme classique de la VHD est foudroyante et mortelle. Son incubation est de 24 à 48 heures et la mort intervient entre 1 à 5 jours pour environ 70 à 90 % des lapins contaminés. La seconde forme du virus est moins virulente et moins rapidement mortelle, même si elle est très contagieuse et se propage rapidement.

Ce sont les mêmes symptômes pour les deux maladies. Avant de mourir, le lapin ne peut plus respirer, il est pris de spasmes et peut éventuellement saigner du nez.

  • apathie
  • perte d’appétit
  • forte fièvre
  • atteinte neurologique voire paralysie de l’arrière-train
  • difficultés respiratoires
  • écoulements nasaux et oculaires
  • petites hémorragies au niveau du nez et de l’anus

Comment protéger nos lapins ?

Il existe un vaccin (Nobivac Myxo RHD) combiné (myxomatose et VHD) qui a une efficacité au bout de 3 semaines. On effectue un rappel annuel. Cependant, il n’est pas précisé si ce vaccin protège contre les deux formes de VHD, et des cas de décès ou de forme atténuée de la maladie ont été déclarés avec ce vaccin.

De plus, le virus est très résistant. Il reste actif plus de 3 mois à température ambiante (20°C) et 6 mois dans un milieu froid (4°C). Il résiste également à la congélation et à la chaleur. Il est donc important de garder le matériel infecté (cage, gamelle, barreaux, etc.) à l’écart et de le désinfecter avec un virucide.

Pour conclure :

Malgré toutes les précautions prises pour leur santé et leur bien-être, c’est bien cette maladie « tueuse » qui a décimé mon équipe de lapins médiateurs. S’il est déjà difficile de penser, que nous avons pu ramener involontairement la maladie à la maison, c’est encore plus désolant de savoir que le vaccin actuel n’est pas fiable. En corollaire, il est actuellement impossible, de protéger efficacement les lapins de compagnie. Pour ma part, même si j’adore cet animal si doux, je ne prendrai pas le risque de revivre cette terrible aventure, ni pour eux, ni pour moi.

Sophie

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Bambou et Pamplemousse

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