« La médiation animale autrement » par SantéVet

mardi, 28 septembre 2010, 15:04 | Catégorie : La médiation Animale, On parle de nous !

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Cœur d’Artichien : la médiation animale autrement

Le parcours d’Aurélie Vinceneux, créatrice de Cœur d’Artichien, spécialisé dans la médiation animale, est complexe. Après des études de psychologie – orientation clinique, – elle a passé et validé un Master 1 de psychologie clinique criminologie et victimologie en 2008. Durant un an, elle a réfléchi et concrétisé son projet associatif et créé Cœur d’Artichien fin 2009. Durant cette même année, elle s’est inscrite à la première promotion d’un diplôme universitaire tout récent en France : le Durama (Diplôme Universitaire sur la Relation d’Aide par la Médiation Animale). Aujourd’hui, son travail d’intervenante en médiation animale lui permet d’allier ses passions : la psychologie et l’animal. Elle intervient tant en institutions, mais aussi et surtout directement chez les particuliers. Et c’est ce qui fait une des originalités de Cœur d’Artichien.

coeur d'artichien mediation animale zoothérapieSantéVet : Saviez-vous que vous alliez vous orienter vers ce domaine ?
Aurélie Vinceneux : J’en ai pris conscience il y a une dizaine d’années, mais en réalité depuis que j’ai 4 ou 5 ans je souhaite travailler avec les animaux et les humains.

Adolescente, j’ai fait un stage à l’école de chiens guides d’aveugles pour devenir éducatrice de chiens guides. Ce métier me plaisait, car le chien pouvait compléter l’aide apportée à une personne fragilisée. Cependant, les rencontres de la vie m’ont amenées à étudier la psychologie. J’ai trouvé ça passionnant et j’ai donc continué dans cette branche. 

SantéVet : Il faut naturellement au départ une passion pour le chien, d’où vous vient celle-ci ?
Aurélie Vinceneux : Depuis ma naissance j’ai grandi avec des chiens. Etant née au Sénégal, avec le sable, pas de trotteur ni de poussette ! Ma première chienne a fait office de trotteur et j’ai commencé à marcher à ses côtés. Certaines choses étaient peut-être déjà inscrites…

J’ai ensuite croisé la route de Lola quand j’avais 15 ans. Une chienne sortie de la SPA. De par son comportement dangereux envers la gente masculine, j’ai franchi la porte d’un club canin où j’ai appris à parler le « chien », à mieux les comprendre et les respecter. Une langue étrangère encore peu apprise à l’école, mais je m’attèle à ce que cela change. 

Les mentalités évoluent

SantéVet : On sait qu’il a été difficile à une époque de faire « entrer » un chien dans un établissement (établissement de soins, écoles, etc.) ; les choses ont-elles évolué de ce point de vue ? 

Aurélie Vinceneux : Je ne sais pas si elles ont tant évolué que ça. Les hygiénistes ont toujours des craintes légitimes pour « les puces, tiques, germes et morsures ». C’est pour cela que nous avons besoin de garanties auprès de professionnels comme les vétérinaires pour garantir aux familles et aux institutions un chien de qualité.  

 On ne pourra jamais supprimer tous les risques d’accident, cependant nous pouvons faire en sorte de limiter au maximum ces risques. Dans les écoles, ou tout autre institution, j’ai pu remarquer que le fait de faire entrer un chien dépend de l’histoire des responsables avec les chiens et de l’intérêt qu’ils portent à la médiation animale. 

Un directeur d’établissement qui a deux chiens chez lui sera plus ouvert à cette activité qu’une personne qui n’est pas sensible à la présence animale. 

Heureusement, certains professionnels font exception à cette règle. Pour les établissements de soins, les mentalités évoluent, certaines portes s’ouvrent, on parle de plus en plus de la médiation animale dans les médias, et on constate que les bénéfices pour les personnes sont bien plus importants que les contraintes sanitaires, si cela est fait avec éthique et professionnalisme. 

coeurdartichien mediation animale 44 nantesLa vingtaine d’années d’expérience des personnes qui travaillent avec des animaux dans les institutions de soins – Handi’Chien pour ne pas les citer -, commence à porter ses fruits… les hôpitaux commencent à ouvrir leurs portes. Le CHU a pris contact avec Cœur d’Artichien, c’est encourageant ! 

L’animal : un médiateur, pas un « soigneur »

SantéVet : Faites-vous des différences entre « médiation animale », « zoothérapie » et d’autres termes qui reviennent couramment dès lors que l’on utilise le chien dans un tel but ? 

Aurélie Vinceneux : C’est un sujet sensible actuellement en France. Pour ma part, je fais une différence entre ces deux mots. L’animal est à mes yeux un médiateur dans mon travail, il ne soigne pas. Il facilite la communication et me permet d’ouvrir des portes de communication souvent fermées avec d’autres méthodes. 

Le mot médiation a beaucoup de sens pour moi, et je trouve qu’il représente bien ma pratique professionnelle. Les chiens avec lesquels je travaille sont pour moi des « chiens médiateurs ». 

Le mot « zoothérapie » me pose deux problèmes : il y a le mot « thérapie » que je ne souhaite pas utiliser, car je n’ai pas ce statut avec mon Master 1 de psychologie, et ensuite ce mot peu faire un amalgame avec le fait d’être « psy pour animaux ». 

Dommage que tout le monde n’arrive pas à se mettre d’accord en France sur cette question de vocabulaire.  

SantéVet : Qu’est-ce qui fait l’originalité, le « plus » de votre association et de son concept ? 

Aurélie Vinceneux : L’association de la psychologie comme base, de la médiation animale comme outil, et l’équipe pluridisciplinaire comme fonctionnement associatif. C’est à mes yeux, ce qui crée la richesse de notre métier. Peu de zoothérapeutes ou d’intervenant en médiation animale interviennent auprès des particuliers à leur domicile avec de surcroit des bergers australiens.

SantéVet : Votre rôle est avant tout celui d’un intermédiaire au service d’un autre professionnel ; c’est en cela que le terme « médiation » prend tout son sens ? Votre démarche est innovante et offre davantage que d’autres « structures ». 

Aurélie Vinceneux : Le mot médiation prend tout son sens tant du côté de l’autre professionnel avec qui je travaille, mais aussi avec l’animal au service de la personne. J’ai créé l’association Cœur d’Artichien sur l’un des principes fondamentaux de la psychologie clinique criminologie et victimologie : la pluridisciplinarité. 

Chacun son métier et sa spécialisation si on met notre travail en commun, alors tout le monde – le bénéficiaire, l’animal et les professionnels – est gagnant et s’enrichit tant professionnellement qu’humainement. 

L’originalité de Cœur d’Artichien, c’est que je travaille en majorité avec les particuliers au domicile des familles et moins en institution comme on peut le voir plus souvent. Je ne pense pas que Cœur d’Artichien offre d’avantage que les autres structures – mise à part mes diplômes – nous travaillons différemment tout simplement. 

SantéVet : Vous vous adressez à des particuliers, cela est aussi innovant. Cela était votre volonté au départ ? 

Aurélie Vinceneux : Pas dans un premier temps, j’ai réalisé au cours de mon expérience que de par mes études de psychologie, j’avais été formée essentiellement aux entretiens individuels et moins au travail en groupe. 

Les particuliers ont été les premiers à me contacter au début de la création de Cœur d’Artichien. J’ai beaucoup apprécié le travail que j’ai fait avec eux et je souhaite développer cette branche de mon association. Les institutions m’ont contactées plus tardivement, c’est un tout autre travail, différent mais tout aussi passionnant. 

Bienfaits de la médiation animale : pas de miracle, mais une carte supplémentaire 

SantéVet : Peut-on « quantifier » réellement les bienfaits de ce que l’on appelle la médiation animale ; avez-vous quelques exemples à nous donner ? Qu’est-ce que cela peut apporter à une personne âgée fragilisée par le temps, à un adolescent rencontrant des difficultés, aux personnes handicapés, voire aux familles (parents, familles, etc.) ?

Aurélie Vinceneux : La médiation animale ne fait pas de miracle, mais elle est une carte supplémentaire pour aborder les personnes en difficulté. Le monde de la recherche scientifique a déjà révélé qu’au toucher d’un animal, notre tension artérielle diminuait, que le risque d’accident cardiovasculaire était beaucoup plus élevé dans les familles sans chien. L’animal oblige les personnes à sortir de chez elles, à rester actives, à se sentir utiles. Cela permet de garder en action ses facultés mentales et physiques. 

coeur d'artichien mediation animale 44 Nantes

Concrètement, j’ai pu voir au cours de mes expériences des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer me raconter comment elles avaient éduqué leur chien dans un discours totalement cohérent, alors qu’elles n’avaient pas parlé depuis plusieurs mois. 

Pour les adolescents en difficulté, ils vont être confrontés à l’instinct animal : si on parle sur un ton agressif le chien baisse les oreilles, ou s’en va ; si on le respecte, alors il a envie de jouer et de travailler avec l’adolescent. On ne triche pas avec un chien, l’animal ne juge pas, ne parle pas, il est simplement là. 

Pour les enfants ou adolescents ‘‘décrocheurs’’ scolaires, le chien sécurise, rassure, motive… Le chien « obéit » si on est correct avec lui et va permettre à l’enfant ou l’adolescent d’être plus disponible psychologiquement pour l’apprentissage. 

L’animal est souvent révélateur de potentiel chez ces enfants. Il n’est pas rare que même les parents soient surpris du potentiel de leur enfant quand on travaille en médiation animale à but pédagogique. 

Pour les personnes handicapées, tout va dépendre du handicap mental ou physique. Pour les enfants autistes, par exemple, pour qui la communication en face à face est source d’angoisses, le fait d’intégrer un tiers dans le système de communication va permettre à ces enfants de communiquer en passant par l’animal et leur cinq sens. La présence du professionnel est alors moins envahissant, moins angoissogène et va permettre à l’enfant, parfois, d’entrer en communication à sa manière avec les autres. 

Un métier 3 en 1 ! 

SantéVet : Vous entourer d’un staff de « spécialistes » semble aussi avoir beaucoup compter pour la création de votre concept ; gage de qualité, avis supplémentaires indispensables parfois ? Que vous apporte le vétérinaire, le vétérinaire comportementaliste, par exemple ? 

Aurélie Vinceneux : Comme je l’expliquais, Cœur d’Artichien a été fondée sur le principe de la pluridisciplinarité, tout simplement parce que le métier d’intervenant en médiation animale est pour moi un métier 3 en 1 : le métier avec les personnes fragilisées, le métier avec le chien, et le métier d’intervenant en médiation animale. 

Beaucoup de jeunes me contactent, car ils veulent faire ce beau métier, mais attention c’est un métier séducteur qui au final un difficile et complexe, qui demande une formation de base solide et une formation en médiation animale. 

J’ai fait le choix d’aller chercher auprès de professionnels qualifiés dans leur domaine ce que je connaissait moins dans l’idée de pouvoir s’enrichir mutuellement avec nos spécialités, d’avoir un regard complémentaire sur mon travail et celui de mes chiens. 

Avoir le point de vue d’une ostéopathe animalière pour prendre soin des articulations de mes chiens qui font des mouvements différents d’un chien de famille classique – monter les antérieurs sur les lits des personnes alitées ou sur les accoudoirs des fauteuils roulant plusieurs fois jour, par exemple – est très instructif. Ce sont des choses auxquelles je n’aurais pas forcément pensé dans un premier temps et pourtant cela se révèle indispensable pour la bonne utilisation de son chien de travail. 

Avoir l’avis de différents spécialistes est toujours enrichissant dans notre métier. Le vétérinaire avec qui je travaille valide le côté « hygiène » de mon métier,  il garantie la bonne santé de mes chiens.  

La vétérinaire comportementaliste, quant à elle, garantie la bonne santé mentale et l’éducation de mes chiens, chose tout aussi primordiale que la santé pour travailler sur du long terme avec ses animaux. 

SantéVet : Le chien avec lequel vous travaillez a-t-il des spécificités, subit-il un entraînement « spécial » ? 

Aurélie Vinceneux : J’ai eu Chayna [un berger australien, Ndlr] quand elle avait un peu plus de 18 mois. Elle avait une éducation et une socialisation de base très bonne. J’ai continué son éducation sur des choses bien spécifiques à la médiation animale, comme s’habituer au fauteuil roulant, aux gestes brusques que certaines personnes handicapées peuvent faire involontairement, les odeurs médicalisées, certains tours que les bénéficiaire peuvent lui faire faire… 

Mon autre berger australien est en cours de formation. A douze mois, il est encore jeune pour pouvoir travailler régulièrement. Il a besoin de ‘’maturer’’. Il a été habitué tout petit à être au contact des populations fragilisées, il connaît les odeurs, les gestes brusques, etc. 

Mais pour être un bon chien de travail, il faut avant tout que le chien soit mûr dans sa tête et bien dans ses pattes pour que ses réactions soient contrôlées. Chaque individu est différent. Un chien médiateur à réellement fini sa formation vers l’âge de deux ans en moyenne. 

Pour faire l’acquisition d’un chien pour travailler en médiation animale, il est conseillé de s’entourer de bons professionnels du comportement canin. 

SantéVet : Quelle est la place d’Amadeïs, une autre association avec laquelle vous collaborez, par rapport à Cœur d’Artichien ? 

Aurélie Vinceneux : J’ai rencontré la fondatrice d’Amadeïs, Laetitia Médard, lors du Durama [voir encadré]. Nous avons fait cette formation ensemble. Laetitia Médard est une collègue avec qui j’échange et travaille régulièrement. 

Nous avons mis en place un système d’échange de pratiques et d’expériences. Elle vient à Nantes voir comment je travaille et je vais en Normandie voir comment elle travaille avec différents publics. 

Nous avons des rapports de collègues qui échangent sur nos pratiques régulièrement. Le métier d’intervenant en médiation animale est un métier récent en France, et dans lequel on se retrouve vite isolé. Pour le bon développement de ce métier et des intervenants, il est nécessaire de créer et d’entretenir des lieux d’échanges et de réflexions entre professionnels de la médiation animale. 

SantéVet : Finalement avec combien de chiens travaillez-vous (uniquement ce chien) et, à votre avis, y a-t-il des races prédisposées pour cela ? 

Aurélie Vinceneux : Je travaille actuellement avec deux chiens. Je travaille plus avec ma chienne de 3 ans, puisqu’Eole, mon jeune chien, n’est pas encore assez mature pour travailler régulièrement. Mes deux chiens ont un caractère différent, j’adapte mon travail et je choisi tel ou tel chien en fonction de la population avec qui je pratique la médiation animale. 

Chayna, ma chienne, travaille avec les personnes âgées et les personnes handicapées, Eole récolte un franc succès auprès des adolescents. Je ne pense pas, qu’il y ait de race prédisposée à la médiation animale. L’important, c’est l’individu canin. Cependant, le chien doit être attractif physiquement : poils doux, une tête gentille, un comportement adapté, la taille de l’animal doit être adaptée à la population avec qui l’on souhaite travailler. L’essentiel, c’est la qualité de la relation que nous avons avec notre chien et le plaisir de travailler ensemble dans un respect mutuel. 

Bien se connaître avant tout pour être un bon médiateur

SantéVet : De votre point de vue, cette « profession » ne semblant pas encore bien définie ni encadrée, tout le monde pouvant finalement faire de la médiation animale, qu’est-ce qui fait un « bon » médiateur animalier ? 

Aurélie Vinceneux : C’est le sujet de mon mémoire du Durama, la question tombe bien ! Pour être un bon intervenant en médiation animale, l’essentiel à mes yeux, c’est de bien se connaître. Connaître ses propres limites, ce qu’on peut faire et ne pas faire. 

Tout le monde ne peut pas travailler avec toutes les pathologies humaines, nous avons tous nos propres limites, en fonction de notre vécu et de notre personnalité. On peut faire toutes les formations du monde, si l’on n’est pas en adéquation avec nous-mêmes cela ne pourra pas fonctionner. 

La deuxième chose essentielle : les formations – du point de vue de l’humain, du comportement canin et de la médiation animale. Et enfin, le choix de l’animal. Il doit être fait avec l’aide d’un professionnel du comportement animal. Le chien, une fois adulte, doit être évalué pour savoir si l’on peut travailler avec lui sans danger pour les bénéficiaires. 

Dernière chose : ne pas travailler seul, jamais ! On perdrait trop de choses, et certaines situations pourraient être risquées, voire dangereuses. La supervision est une chose importante aussi qui peut être faite de différente manière : en entretien individuel avec un professionnel – psychologue, psychiatre -, en groupe de réflexion… Ne pas rester seul avec ses questions est vital si on veut tenir sur le long terme dans ce métier aux enjeux multiples.

Un secteur d’activité qui devient « trop » à la mode

SantéVet : Face à la multiplication des offres de services, ce secteur est-il porteur, en devenir ? 

Aurélie Vinceneux : Actuellement, très peu de professionnels arrivent à vivre de leur activité en médiation animale. De plus en plus d’institutions, de professionnels du médico-social sont d’accord pour dire que l’animal a sa place dans leur structure, mais ce n’est qu’une minorité qui peut, dans une période de crise, financer cette activité. 

Les mentalités commencent à évoluer en France. C’est un secteur qui évolue de façon exponentielle, et qui devient à la mode. Cependant, comme vous le soulignez, c’est un métier qui n’est pas encore bien défini ni cadré. Cela laisse la porte ouverte à beaucoup de choses peu professionnelles et parfois frôlant la maltraitance, tant animal qu’humaine.

SantéVet : Quels sont vos projets, notamment de développement ? 

Aurélie Vinceneux : Sur du court terme, la demande des institutions augmente actuellement chez Cœur d’Artichien. Je recherche un troisième chien, pour permettre un roulement dans le travail de mes chiens afin de ne pas les « user » au travail et respecter leur rythme. 

Sur du moyen terme, je souhaite pouvoir vivre de mon activité, ce qui n’est pas encore le cas aujourd’hui. Je travaille à côté pour pouvoir subvenir à mes besoins, c’est la réalité du terrain trop peu souvent abordé quand on parle de médiation animale en France. 

Sur le long terme, créer des emplois et permettre de soutenir l’idée que l’animal à toute sa place dans le domaine de la médiation, si cela est fait avec sérieux et professionnalisme. 

Propos recueillis par Claude Pacheteau

Balou, un chat, fait son entrée dans l’association

Un chat, Balou, intègre tout doucement l’équipe de quatre pattes de Cœur d’Artichien. « C’est un animal encore plus délicat que le chien à utiliser en médiation animale », explique Aurélie Vinceneux. « Nous l’utilisons avec beaucoup de parcimonie. »

En tout cas, avoir recours à un chat dans le cadre de la médiation est une grande nouveauté, même si l’on comprend bien que le travail effectué avec lui ne peut pas être géré de la même manière qu’avec un chien. 

Le diplôme Durama : une formation à la médiation animale très récente

Le Diplôme Universitaire sur la Relation d’Aide par la Médiation Animale (Durama) est une formation. Elle vient de fêter et clore en juin 2010 sa première promotion, qui compte à l’heure actuelle dix-sept diplômés en France. 

« Cette formation est très riche tant au niveau professionnel qu’humain », explique Aurélie Vinceneux. « Des intervenants extérieurs de tous horizons viennent nous présenter leur expérience professionnelle sur trois semaines intensives de formation. Cela est complété par un stage plus ou moins long en fonction des années d’expérience déjà effectuées en médiation animale. » 

La formation se déroule à Clermont-Ferrand. « Ce que j’ai apprécié dans cette formation, c’est la qualité de l’enseignement », confie encore la jeune femme. « Nous sommes en contact avec des professionnels expérimentés qui de par leur partage d’expérience vont nous permettre de faire évoluer notre réflexion et murir notre projet. La richesse de l’enseignement passe par l’effort de la part des formateurs de partir d’où nous sommes, et de nous accompagner dans une réflexion constructive autour de la médiation animale. C’est concret, sans oublier la théorie bien sûr ! C’est une formation où il faut donner de soi, et être acteur. Ça change des cours magistraux de la faculté et c’est très formateur. »

Et dans le domaine carcéral, que peut apporter l’animal ? 

« Je connais encore peu le milieu carcéral, je l’ai étudié lors de mon année en criminologie », admet Aurélie Vinceneux. Toutefois, elle a pratiqué la médiation animale auprès de jeunes délinquants récidivistes en Normandie avec une autre association. « L’animal va une fois de plus favoriser la communication et de par son instinct et ses réactions naturelles permettre de travailler sur le respect de l’animal, de l’autre, l’empathie, etc. », explique-t-elle
« Il a un effet important d’apaisement. Le fait d’être touché et de toucher l’animal, de relation affective différente de ce qu’ils connaissent habituellement dans leur parcours de vie. Le chien a aussi un effet décentralisant, le temps de la séance, les personnes sont avec le chien, cela ouvre une porte sur l’imaginaire… »

SantéVet

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Photos : Cazoo – Cœur d’Artichien -DR 

Certains visages ont été volontairement « floutés » afin de respecter l’anonymat des personnes.

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