La médiation animale : le chien à l’écoute de l’homme

vendredi, 25 septembre 2015, 7:19 | Catégorie : Bibliographie de CAZOO, La médiation Animale, On parle de nous !

coeur d'artichien mediation animaleBonjour à tous,

Vous trouverez ci dessous, un article sur la médiation animale que nous a consacré Dogfidelity. Ils m’ont interviewés et demandés ce que je pensais de la médiation animale. Bonne lecture ! Et à bientôt pour de nouvelles aventures. L’équipe Coeur d’Artichien

Apaiser une vieille dame atteinte d’Alzheimer, donner un but à une personne dépressive, refaire sourire un enfant en fauteuil…les chiens médiateurs et leurs maîtres, intervenants en médiation animale, ont un destin plutôt incroyable. Pour comprendre ce type d’aide à la personne, Dogfidelity a rencontré Aurélie Vinceneux, créatrice de l’association de médiation animale Cœur d’Artichien (44). Découvrez avec nous des chiens médiateurs au cœur gros comme ça !

En quelques mots, c’est quoi la médiation animale ?

La médiation animale met en lien un animal éduqué, sélectionné et évalué, et un humain parfois fatigué, handicapé ou usé par la vie. Il y a plusieurs types de bénéficiaire : les victimes de maladies mentales comme la maladie d’Alzheimer ou la schizophrénie, les enfants placés en foyers d’accueil, les victimes de handicaps sensoriels, les personnes dépressives…l’interaction avec l’animal et un intervenant (en général diplômé dans le médico-social et en médiation animale), les aide à aller mieux.

Qu’est-ce que possèdent les chiens que nous n’avons pas ?

Ils ne parlent pas !  Ils sont juste à l’écoute avec spontanéité et naturel.

La relation est basé sur l’instinctif, l’émotionnel, le langage non-verbal, ce qui fait que la personne se recentre sur elle-même et ses ressentis.

Ils responsabilisent la personne handicapée : Ils sont un prétexte pour lui faire prendre des initiatives. Une personne dépressive sera plus motivée pour sortir de chez elle si elle doit promener un chien ! L’animal lui permet d’être actrice de sa vie.

Ils ne jugent pas : la première idée qui me vient en tête, ce sont nos séances en milieu carcéral à la prison de Fleury-Mérogis que nous avons co-animé avec Laetitia Médard. Dans ce type de contexte, le chien voit la personne telle qu’elle est et se fiche de ses actes passés. On travaille sur l’ici et maintenant.

Quels sont les bienfaits de la médiation ?

Avant toute chose, ne pas se méprendre : c’est une relation d’aide et non un traitement en vue d’une guérison.

Le résultat de cette aide est un mieux-être, un apaisement, un apprentissage de soi. Par différents types de jeux (parcours de motricité, toilettage, jeu de la balle), la personne est stimulée au niveau cognitif et sensoriel. Pour les personnes handicapées qui ne peuvent plus bouger ou les personnes âgées en fin de vie, on fait sentir la douceur du poil du chien, écouter le battement du cœur…C’est magique et hypnotique, comme dans le ventre maternel ! Avoir le chien couché près de soi diminue la pression artérielle.

Il y a des impacts positifs hors séance aussi. Les équipes nous informent qu’après notre passage, la personne est moins angoissée, a un meilleur sommeil. Parfois le traitement médical est diminué…

Je pense a une dame âgée qui agressait et mordait les aides-soignants. La psychologue de la maison de retraite se battait pour qu’elle ne soit pas exclue à cause de ses cris et la plainte des voisins de chambre qui ne pouvait plus dormir…nous étions le dernier recours. Et ça a marché ! Nous venions pendant la sieste pour que les autres résidents puissent dormir. Et la dame a commencé à s’apaiser, à moins crier. Elle adorait jouer dans le jardin avec la chienne, cela lui rappelait son enfance. Elle a finalement pu rester jusqu’au bout.

Comment sélectionne-t-on les chiens ?

Lors de ma formation, j’ai rencontré une éthologue, Aurore Chartier, spécialiste de l’observation des animaux. Cette femme sait « lire les chiens » en observant toutes leurs aptitudes, en décortiquant des vidéos…C’est elle qui a sélectionné la plupart des chiens de l’association Coeur d’Artichien.

Elle choisit d’abord un élevage, puis une lignée, puis des parents, puis le chiot. Tout cela afin de réduire un maximum les risques que ce chien ne puisse pas devenir un jour un chien médiateur. Un bon potentiel, c’est un animal qui aime le contact avec les hommes, qui est dans l’interaction et qui ne montre aucune agressivité.

Après avoir été choisi, le chien part pour 1 année d’éducation pendant laquelle on inhibe un maximum tous ses réflexes de morsure. Au bout d’1 an, on fait une batterie de tests comportementaux pour évaluer les capacités du chien à se contrôler dans des situations extrêmes. Si celui-ci passe le test, il est apte à la médiation.

Aurore Chartier nous a sélectionné Betty, Gandhi, et Caline : 1 Berger Australien, 1 Berger des Shetland et 1 croisé . On ne privilégie pas telle ou telle race, c’est principalement une question de rencontre. Caline qui est croisée par exemple, est une chienne de travail extraordinaire !

Nous avons également dans l’association 2 Cavaliers King Charles : Haven et Jenna, et un Berger Australien : Chewba, qui n’ont pas été sélectionnés par Aurore Chartier mais qui sont également de très bons chiens de travail !

Le chien voit-il la médiation comme un travail ou un plaisir ?

C’est une manière pour lui de jouer en permanence, et le chien est un animal qui a besoin de jouer toute sa vie ! Mais c’est aussi très fatigant. C’est un être extrêmement sensible : il pompe les émotions de ses « patients » à 100%. Le chien est d’ailleurs notre baromètre à émotion : selon sa posture physique on saura que telle personne n’est peut-être pas aussi détendue qu’elle ne paraît. Lors de séances avec des adultes en réinsertion sociale, un de nos chiens refusait d’interagir avec une des personnes lorsqu’elle était alcoolisée ! Du coup, cette personne a réussie à diminuer sa consommation d’alcool avant nos rencontres.

Lorsqu’ils sont fatigués, les chiens montrent des signaux de stress en séance : c’est là que le maître doit intervenir pour sonner la pause. Gandhi par exemple, se gratte derrière l’oreille !

Pour reposer et détendre la bande, nous faisons de grandes ballades et une fois par an, nous leur offrons une séance d’ostéopathie. A chaque fois, nous constatons d’ailleurs que le foie est particulièrement engorgé car c’est l’organe des émotions !

Qu’est-ce qui vous a poussé à créer Cœur d’Artichien ?

J’aime les animaux et j’aime les humains. Toute petite je voulais être psychologue vétérinaire ! J’ai finis par faire psycho après le bac. En 2003 je suis tombée sur un site parlant de zoothérapie et l’idée a commencé à faire son chemin dans ma tête. En 2009, en pleine année sabbatique dans mes études de de psychologie clinique, j’ai choisi de me lancer dans une formation spécialisée : un DU de relation d’aide par la médiation animale à Clermont Ferrand. C’est en parallèle de ce DU que j’ai décidé de démarrer l’aventure Cœur d’Artichien.

6 ans plus tard…vous recommenceriez ?

Aujourd’hui, je suis épanouie…et fatiguée ! J’adore mon travail, mais je ne m’imaginais pas à quel point ça allait être difficile moralement et psychologiquement…surtout venant de fac de psycho ou je n’avais absolument pas appris à démarcher, à gérer des prestataires de service.

Aujourd’hui le problème majeur est notre précarité financière. Je gagne 1 smic pour 60 heures de travail par semaine ! Avec mes collègues, nous avons 40 établissements à notre actif (nous adaptons les prix de nos prestations en fonctions des revenus des familles). Environ 50% de ce que nous gagnons part pour les animaux… je ne sais donc pas si je recommencerais …mais en même temps toute création d’entreprise est un pari un peu fou et sans cette folie on ne ferait rien  !! 

dogfidelity

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